Un promoteur numéro 1 en Île-de-France, 95 000 logements livrés en cinquante ans, et une note de 3,1/5 sur les plateformes d’avis libres.
Ce paradoxe mérite qu’on s’y arrête avant de signer un contrat de réservation. Voici ce que les chiffres et les témoignages disent réellement.
Les Nouveaux Constructeurs : identité et poids sur le marché immobilier neuf
Le groupe a été fondé le 27 avril 1972 par Olivier Mitterrand. Son premier programme, baptisé « Champmesnil », a été livré dès 1974.
Pendant près de cinq décennies, la société a construit une position de poids lourd du logement neuf en France et à l’étranger, avec près de 95 000 appartements et maisons livrés à ce jour selon les chiffres de mai 2025.
En 2020, le groupe change de nom et devient Bassac, coté sur Euronext Paris. La marque commerciale « Les Nouveaux Constructeurs » reste utilisée pour les opérations résidentielles en France.
Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 804 millions d’euros et emploie 839 salariés, présent dans plus de 200 municipalités françaises.
Ce volume de production place le groupe dans une catégorie à part : ce ne sont pas quelques dizaines de programmes par an, mais une machine industrielle capable de gérer simultanément des centaines d’opérations. Cela a des conséquences directes sur la qualité perçue par les acheteurs, comme vous le verrez plus bas.
Quels sont les avis sur Les Nouveaux Constructeurs?

La première chose qui frappe quand on cherche des avis sur Les Nouveaux Constructeurs, c’est l’écart entre deux types de sources. Sur les plateformes d’avis libres – où n’importe qui peut publier sans vérification systématique – la note tourne autour de 3,1/5.
Sur PagesJaunes et Immodvisor, qui s’appuient sur des avis vérifiés collectés dans les quatre ans suivant la livraison, la note monte à 4,5/5 sur 1 578 avis. Trustpilot ne recense que 28 avis pour lesnouveauxconstructeurs.fr, ce qui est un volume trop faible pour être statistiquement significatif.
Sur un promoteur qui livre des milliers de logements par an, 28 avis ne représentent rien – ils reflètent surtout les clients suffisamment motivés pour aller déposer un commentaire en ligne, souvent les plus mécontents.
L’écart entre 3,1 et 4,5 s’explique par le profil des acheteurs qui s’expriment. Les clients globalement satisfaits – livraison dans les délais, finitions correctes, SAV réactif – ne ressentent pas le besoin d’aller noter leur promoteur.
Ceux qui ont vécu une livraison chaotique ou un SAV aux abonnés absents, eux, prennent le temps d’écrire. Ce biais de sélection est réel dans tout le secteur du logement neuf, mais il ne doit pas vous conduire à ignorer les avis négatifs : ils signalent des risques concrets.
Malfaçons, retards et SAV : les problèmes récurrents signalés par les acheteurs
Les avis négatifs sur Les Nouveaux Constructeurs dessinent un tableau assez cohérent. Les malfaçons à la livraison arrivent en tête : défauts de finition sur les joints, enduits irréguliers, alignements approximatifs.
C’est cohérent avec les données sectorielles – selon les professionnels du secteur, près de 80 % des litiges en construction portent sur des finitions plutôt que sur des désordres structurels.
Mais certains témoignages vont au-delà des finitions. Des acheteurs signalent des températures intérieures atteignant 32°C en été, symptôme d’une isolation thermique ou d’une ventilation insuffisante.
D’autres évoquent des problèmes acoustiques entre logements, des fuites, de l’humidité persistante, des fissures, et même des problèmes de sécurité sur les ascenseurs – accès sans badge dans certaines résidences.
Le SAV après livraison concentre une part importante des critiques. Plusieurs acheteurs décrivent un promoteur réactif avant la signature et pendant la phase commerciale, puis difficile à joindre une fois les clés remises.
Un témoignage revenant fréquemment : des problèmes signalés à la livraison et toujours non résolus cinq ans après la signature du contrat. À ce stade, les recours légaux deviennent la seule voie, ce qui représente un investissement en temps et en énergie considérable pour des particuliers.
Les retards de livraison sont également cités, sans être majoritaires dans les avis. Dans un contexte de marché tendu, avec des chantiers soumis à des difficultés d’approvisionnement, ce type de délai touche l’ensemble du secteur – mais cela ne rend pas l’attente plus acceptable quand vous payez un loyer en parallèle de votre achat.
Le promoteur tient-il ses promesses en Île-de-France?

Sur les avis concernant Les Nouveaux Constructeurs en Île-de-France, le contexte chiffré aide à relativiser sans minimiser. Depuis septembre 2024, le groupe occupe la première place des promoteurs franciliens avec 38 opérations lancées, dont plus de la moitié en petite couronne.
Loin devant Emerige (15 opérations) et Kaufman & Broad (14). Les 217 programmes proposés en Île-de-France affichent des prix d’entrée à partir de 180 600 euros pour des appartements de 2 à 4 pièces.
Cette position de numéro 1 s’accompagne d’un taux de contentieux que le site immocompare.org qualifie de « record dans le classement » : 40 procédures judiciaires recensées.
C’est un chiffre brut qui doit être mis en perspective avec le volume de logements livrés – 40 procédures sur des dizaines de milliers de ventes reste statistiquement faible. Mais pour les acheteurs concernés, c’est 40 procédures de trop.
La question n’est pas tant de savoir si le groupe est « bon » ou « mauvais » à l’échelle de la région, mais si votre programme spécifique, dans votre commune, géré par quelle équipe locale, présente des risques particuliers.
En Île-de-France, la pression foncière pousse les promoteurs à construire vite sur des terrains complexes – ce qui augmente mécaniquement les risques de malfaçons.
Les Nouveaux Constructeurs méritent une vigilance renforcée avant signature
Ce que les avis sur Les Nouveaux Constructeurs enseignent, c’est moins une condamnation globale qu’un rappel de méthode. Voici les points sur lesquels concentrer votre attention avant de signer :
- La réception : assistez-vous avec un professionnel (expert en bâtiment ou maître d’œuvre). Les réserves non notées lors de la réception sont ensuite difficiles à faire valoir.
- La garantie de parfait achèvement (GPA) : elle couvre les désordres signalés dans l’année suivant la livraison. Envoyez vos réserves en recommandé avec accusé de réception dès la remise des clés.
- La garantie biennale : elle couvre les équipements dissociables (volets, robinetterie, interphones) pendant deux ans.
- La garantie décennale : elle protège contre les désordres compromettant la solidité de l’ouvrage pendant dix ans.
- Le SAV contractuel : vérifiez dans votre contrat les délais d’intervention prévus et les modalités de signalement des désordres post-livraison.
- Les avis sur le programme précis : cherchez des retours d’acheteurs du même immeuble ou de la même résidence, pas uniquement des avis génériques sur le promoteur.
Pour les logements neufs, les vices cachés sur les réseaux ou les équipements techniques sont souvent découverts après la première année – d’où l’importance de conserver tous vos échanges écrits avec le promoteur.
En cas de problème d’humidité ou de fissure dans les parties communes, les recours en désordres structurels relèvent de la garantie décennale et nécessitent souvent une expertise judiciaire.
Un promoteur de cette taille livre des logements à des milliers de familles chaque année. Certains chantiers se passent très bien. D’autres non. Ce qui fait la différence pour vous, c’est la préparation avant la signature – pas les notes moyennes sur une plateforme d’avis.
Signer un VEFA sans avoir lu l’intégralité des garanties, sans avoir mandaté un expert pour la réception, c’est s’exposer seul à un bras de fer avec un promoteur qui, lui, a des juristes en interne. La vigilance ne coûte rien. Le litige, lui, peut durer cinq ans.