Pourquoi boucher une cheminée non utilisée?
Une cheminée ouverte qui ne sert plus est un gouffre thermique discret mais coûteux. Selon l’ADEME, une cheminée à foyer ouvert dissipe jusqu’à 90 % de l’énergie produite, et lorsqu’elle est simplement à l’arrêt, le conduit ouvert continue d’aspirer l’air chaud de votre logement comme une ventilation permanente non désirée. Le paradoxe est réel : l’élément qui devait chauffer votre maison devient l’une de ses principales sources de déperdition.
Les pertes concrètes sont chiffrables. Une cheminée non condamnée peut représenter 10 à 15 % de la facture de chauffage annuelle, soit entre 150 € et 250 € perdus chaque hiver. Le US Department of Energy estime qu’étanchéifier un conduit inutilisé peut freiner jusqu’à 14 % des infiltrations d’air dans l’ensemble du bâtiment – un chiffre qui parle d’autant plus dans les maisons anciennes avec peu d’isolation.
Au-delà du bilan thermique, les risques sanitaires méritent attention. Un conduit ouvert laisse entrer l’humidité, favorise les moisissures dans l’âtre et peut, dans certains cas, laisser remonter du monoxyde de carbone provenant d’autres appareils raccordés au même réseau de conduits. Des animaux – oiseaux, martres – s’y installent également, provoquant des obstructions partielles dangereuses. Condamner une cheminée hors d’usage n’est donc pas un luxe : c’est une mesure de bon sens.
Est-il possible de boucher une cheminée soi-même?
Dans la grande majorité des cas, oui. Les méthodes légères – pose d’un tampon dans le conduit, fermeture de la hotte avec un panneau isolé – restent accessibles à quelqu’un d’à l’aise avec le bricolage de base. Aucun outil spécifique n’est requis, et le risque d’erreur grave est limité si vous intervenez uniquement par le bas, depuis la pièce.
Les limites du DIY apparaissent dès qu’on monte sur le toit. Intervenir sur une toiture en pente, poser un chapeau métallique ou appliquer du mortier autour d’une souche demande des compétences en couverture et un équipement de sécurité adapté. Si votre toit dépasse 3 mètres de hauteur ou présente une inclinaison importante, confiez cette partie à un professionnel.
En copropriété, la question du « peut-on » se double d’un « a-t-on le droit ». Le règlement de copropriété peut interdire toute modification des conduits sans accord préalable. Il faut vérifier ce point avant de commander quoi que ce soit. Pour une maison individuelle sans contrainte particulière, le bouchage par le bas reste un chantier gérable en une demi-journée.
Boucher par le haut ou par le bas : pourquoi les deux sont nécessaires

Beaucoup de propriétaires pensent qu’obstruer l’âtre suffit. C’est une erreur qui peut coûter cher. Si vous bloquez uniquement le bas du conduit, l’air froid qui entre par le haut reste piégé dans une colonne close. La différence de température entre cet air statique et les parois du conduit génère de la condensation. À terme, les murs autour de la cheminée s’humidifient, des taches apparaissent, et les matériaux se dégradent.
L’inverse est tout aussi problématique. Boucher uniquement par le haut sans obstruer le bas laisse le conduit communiquer librement avec la pièce, sans empêcher les courants d’air ni l’entrée d’humidité par capillarité côté intérieur. La règle de base est donc celle du double bouchage : une fermeture côté toiture et une obturation côté foyer, avec idéalement un matériau isolant dans le conduit entre les deux.
Cette logique en deux temps est la seule qui garantit une condamnation efficace sur le long terme. Elle protège à la fois du froid entrant, de l’humidité condensée et des remontées de particules. Toutes les méthodes décrites ensuite s’inscrivent dans ce principe, qu’elles soient réversibles ou permanentes.
Comment boucher une cheminée par le bas?
L’intervention par le bas se fait depuis la pièce, sans monter sur le toit. On distingue plusieurs familles de produits selon le budget et la durabilité souhaitée. Les tampons souples en laine de roche ou laine minérale sont les plus simples : on les comprime, on les glisse dans le conduit, et ils se déploient pour obturer l’espace. Les spécialistes s’accordent à dire que ces deux matériaux offrent la meilleure isolation thermique pour un conduit inutilisé.
Pour une finition plus soignée, les tampons rigides en céramique, en métal ou en inox s’adaptent au diamètre du conduit et se posent avec une légère pression ou un système de verrouillage. Les modèles composites, souvent plus légers, combinent rigidité et isolation. Le point fort de tous ces systèmes : ils se retirent si vous souhaitez réactiver la cheminée ou procéder à un ramonage.
Côté foyer, l’âtre peut être fermé avec un panneau de plâtre, de bois ou d’un matériau isolant rigide, fixé sur un cadre vissé dans les montants de la hotte. Cette fermeture esthétique permet d’intégrer la cheminée condamnée dans le décor sans laisser apparaître un simple trou noir. Si vous avez un foyer ouvert à transformer plutôt qu’à condamner définitivement, la question mérite d’être posée avant de tout obturer.
Comment boucher une cheminée par le haut?
L’intervention côté toiture sert à empêcher l’eau de pluie, la neige, les feuilles et les animaux d’entrer dans un conduit qui ne sera plus ramoné ni utilisé. Plusieurs solutions existent selon le niveau de fermeture voulu.
- Le chapeau anti-pluie avec aérateur : vissé sur la tête de cheminée, il couvre l’ouverture tout en laissant une légère ventilation pour éviter la condensation. Solution réversible, adaptée aux condamnations temporaires.
- La tôle galvanisée : découpée aux dimensions du conduit et scellée au mortier autour de la souche, elle assure une fermeture plus étanche. Durée de vie de 15 à 20 ans selon la qualité de l’acier.
- Le mortier de fermeture : coulé directement sur la tête de cheminée, il bouche le conduit de façon durable. Cette solution nécessite une reprise complète du chaperon (le chapeau de béton qui coiffe la souche) et demande l’intervention d’un couvreur ou d’un maçon.
Si votre toiture est en ardoise ou en tuile ancienne, une maladresse autour de la souche peut créer des infiltrations d’eau. Dans ce cas, l’intervention d’un couvreur n’est pas une précaution excessive – c’est une nécessité. Les dalles de toiture autour d’une cheminée sont souvent fragilisées par des années d’écarts thermiques.
Boucher une cheminée avec des briques : la solution permanente
Quand la cheminée est définitivement abandonnée – une cheminée ancienne dans une maison en rénovation totale, par exemple – le bouchage maçonné offre la solution la plus pérenne. Le conduit est comblé par assises de briques pleines liées au mortier, depuis le bas jusqu’à la tête. La souche est ensuite coiffée d’un chaperon en mortier, et la couverture autour est reprise à neuf.
Ce chantier ne s’improvise pas. Il implique de travailler en hauteur, de maîtriser la pose de briques dans un espace contraint, et de gérer l’étanchéité de la toiture après intervention. Un couvreur expérimenté ou un maçon qualifié doit prendre en charge l’essentiel du travail. Comptez une journée de chantier minimum pour une cheminée standard, davantage si la souche est haute ou difficile d’accès.
L’avantage de cette méthode est sa robustesse : aucun risque de déplacement du tampon, aucune maintenance, aucune infiltration si le mortier a été correctement appliqué. Les murs autour de la cheminée peuvent ensuite être traités normalement – peinture, enduit, lattis – sans risque de voir apparaître des traces d’humidité liées au conduit. Si des travaux de ce type touchent un plafond ou cloison en lattis et plâtre, prévoyez une reprise de l’enduit autour de l’âtre.
Boucher une cheminée en appartement : ce que dit le règlement de copropriété

En appartement, la première question n’est pas technique, elle est juridique. Le règlement de copropriété détermine si le conduit de cheminée est une partie commune ou une partie privative. Dans la majorité des immeubles anciens, les conduits traversent plusieurs lots et sont classés parties communes : vous ne pouvez pas les modifier sans l’accord de la copropriété.
Concrètement, cela signifie qu’une simple obturation par le bas dans votre appartement peut rester de votre ressort, mais toute intervention sur la souche ou sur la structure du conduit exige un vote en assemblée générale. La demande s’inscrit à l’ordre du jour, le syndic organise le vote, et la majorité requise dépend de la nature des travaux – modification d’une partie commune ou travaux affectant l’aspect extérieur de l’immeuble.
Avant d’entreprendre quoi que ce soit, demandez au syndic une copie du règlement et une confirmation écrite sur le statut du conduit concerné. Cette démarche vous protège d’un litige avec les autres copropriétaires et évite de devoir défaire des travaux réalisés sans autorisation.
Boucher une cheminée extérieure
Les conduits exposés aux intempéries posent des contraintes spécifiques. L’alternance gel-dégel fragilise les matériaux de fermeture, et un mortier ordinaire peut se fissurer en quelques hivers. Pour la tête de cheminée, un mortier hydraulique rapide ou un béton de résine résiste mieux aux variations thermiques extrêmes.
L’étanchéité côté toiture autour de la souche mérite une attention particulière. Le solin – cette bande de plomb ou de zinc qui assure la jonction entre la souche et les tuiles ou ardoises – vieillit mal, surtout si la cheminée n’est plus entretenue. Profitez de l’intervention de fermeture pour faire inspecter et reprendre ce point, souvent source d’infiltrations invisibles pendant des années.
L’accès à la souche reste la contrainte principale. Sur un toit à deux pentes avec une inclinaison supérieure à 30°, une échelle simple ne suffit pas. Un échafaudage de pied ou une nacelle peut s’avérer nécessaire, surtout si la souche est en milieu ou en faîtage. Ne sous-estimez pas ce poste de sécurité dans votre budget.
Qui contacter pour boucher une cheminée?
Le bon interlocuteur dépend de ce que vous voulez faire et de là où vous en êtes.
- Le ramoneur : premier à consulter avant toute condamnation. Il vérifie l’état du conduit, détecte d’éventuels fissures ou nids, et peut délivrer un certificat de ramonage qui servira de base au professionnel suivant.
- Le couvreur : intervient pour tout ce qui touche à la toiture – pose de chapeau, application de mortier sur la souche, reprise du solin et du chaperon.
- Le maçon : compétent pour le bouchage en briques, la réfection de l’âtre et les travaux de gros œuvre autour du foyer.
- L’entreprise de rénovation générale : pertinente si la condamnation s’inscrit dans un chantier plus large (rénovation de pièce, isolation des combles, second œuvre complet).
Pour comparer les tarifs, demandez au minimum trois devis. Les plateformes de mise en relation entre artisans et particuliers permettent d’obtenir ces devis rapidement, mais vérifiez toujours les certifications RGE si des travaux d’isolation sont associés – cela conditionne l’accès à certaines aides de l’Anah ou des CEE.
Une cheminée condamnée proprement, c’est un mur qui cesse de respirer dans le mauvais sens. Quelques centaines d’euros de travaux aujourd’hui, et votre système de chauffage arrête de compenser une fuite que vous ne voyez même pas.